mardi 11 juillet 2017

La dérive

"Les gens savent bien qu'il y a des quartiers tristes, et d'autres agréables. Mais ils se persuadent généralement que les rues élégantes causent un sentiment de satisfaction et que les rues pauvres sont déprimantes, presque sans plus de nuances. En fait, la variété des combinaisons possibles d'ambiances, analogue à la dissolution des corps purs chimiques dans le nombre infini des mélanges, entraîne des sentiments tout aussi différenciés et aussi complexes que ceux que peut susciter tout autre forme de spectacle. Et la moindre prospection démystifiée fait apparaître qu'aucune distinction, qualitative ou quantitative, des influences des divers décors construits dans une ville ne peut se formuler à partir d'une époque ou d'un style d'architecture, encore moins à partir de conditions d'habitat."

"Introduction à une critique de la géographie urbaine", Guy DEBORD (1955) cité dans Le mouvement situationniste : une histoire intellectuelle, Patrick MARCOLINI (2012)

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